ET TOUTE UNE VIE DEVANT NOUS de Olivier Adam – Éditions Flammarion
L’auteur décrit, pendant 40 ans, la vie de trois enfants, Paul, Sarah, et Alex. Ils vivent dans un pavillon de banlieue, sont très amis et partagent au cours du temps les peines, les joies, les illusions… L’auteur analyse leur façon d’appréhender la vie. Paul devient écrivain ; et il est amoureux de Sarah depuis toujours. Alex, bon peintre, est torturé, marqué par la mort de son frère noyé – comme si c’était de leur faute -, il a un caractère sombre et revanchard. Sarah vit une histoire sordide : elle voulait faire du théâtre, son professeur la complimente et abuse d’elle. Elle vit toutefois comme si rien ne s’était passé. Puis elle travaille dans un milieu social. Quant à Alex, il présente ses œuvres mais elles sont mal reçues. Il vit de petits boulots. L’auteur insiste sur ces liens d’amitié qu’il analyse finement.
L’HOMME QUI LISAIT DES LIVRES de Rachid Benzine – Éditions Julliard
Julien, à Rabat, prend des photos d’instants du quotidien. Il est intrigué par un homme qui lit, assis sur le trottoir devant une librairie, entouré de centaines de livres. Pour obtenir une conversation avec lui, il lui faudra venir plusieurs fois avant qu’il accepte et lui confie l’histoire de sa vie. Il est né d’un père chrétien et d’une mère musulmane. Ils vivent en Palestine mais ils en sont expulsés et échouent dans un camp de réfugiés. Dès qu’il a su lire un monde s’est ouvert à lui, véritable évasion dans cet univers sordide ; ce qui lui a permis de ne jamais se sentir revanchard. Il obtient une bourse d’étudiant en Égypte et deviendra professeur. Cependant il participe à des manifestations en Palestine qui lui valent 20 ans d’emprisonnement. Heureusement, il a accès aux livres. Ce roman est chargé d’espoir humaniste, un peu historique et le personnage est très sympathique. (Avec un auteur pareil ça ne peut que gazer plein pot – Le Scribe)
TERRE BRISÉE de Clare Leslie Hall – Éditions Libra Diffusion
La jeune Elizabeth, d’un milieu simple et cultivé, a l’habitude de se promener en forêt où un beau gars, prétentieux, lui dit : « Vous êtes chez moi ! Mais venez à la rivière nous partagerons un pique-nique » et elle le suit ! Lui Gabriel, est un aristocrate propriétaire du château et des terres. Ils vont se retrouver, se promener ensemble et, bien sûr, devenir amoureux. Quel bonheur que de passer des vacances ensemble au château. C’est la rentrée : lui part à Oxford, elle ira l’année suivante. Elle sent qu’elle n’y est pas à sa place et lorsqu’elle tombe sur le journal intime de Gabriel, elle fout le camp ! (quel style de roman de gare – Le scribe). 15 ans plus tard, Elizabeth a épousé un fermier, Franck et elle a un fils. Lorsqu’elle retrouve Gabriel, écrivain célèbre, il lui confie son fils qui a perdu sa mère. Et voilà qu’un homme est tué et que Franck se retrouve au banc des accusés. C’était un passé lumineux, mais un présent dramatique. Tous ces événements graves sont racontés avec bienveillance. Récit émouvant.
L’AVENTURIÈRE DE L’ÉTOILE de Christelle Mouchard – Éditions Taillandier
C’est l’histoire vraie d’une servante devenue aventurière. Au XVIIIème siècle, Jeanne Barret, jeune bergère dans le Morvan, devient servante chez sa sœur puis dans une autre famille. Un médecin botaniste, Philippe Commerson, remarque sa vivacité et son intelligence. Il lui apprend à lire et lui communique sa connaissance des plantes. Ils deviennent amants. Et voilà que Philippe est invité à partir en expédition avec Bougainville (1867). Il veut emmener Jeanne mais les femmes sont interdites à bord. Qu’à cela ne tienne, elle devient le valet de Philippe. A Tahiti, les marins ont quelques doutes, elle est un peu malmenée mais elle tient tête. Partout, elle assiste Commerson dans ses recherches. A son retour elle est décorée, elle est la première femme a avoir fait le tout du Monde. Presque un livre d’aventure et c’est réjouissant.
LA TRÈS CATASTROPHIQUE VISITE DU ZOO de Joël Dicker – Éditions Rosie & Wolfe
1920 ; une petite fille, Joséphine, est écolière dans une école spécialisée dans laquelle ils sont cinq. La maîtresse décide de faire une visite au zoo. Les parents de Joséphine sont présents. Mais survient une inondation. Qui est responsable ? Pas nous ! Les enfants vont alors dans une autre école « normale ». Encore un problème ; quand la maîtresse présente les six élèves dans un amphithéâtre. Elle a une autre idée : le sport collectif mais l’une va aller à l’infirmerie. On essaye un cours de sécurité routière ? Un policier est écrasé par une voiture. Et pourquoi pas une fête Mais c’est la bagarre. Iront-ils au zoo en fin d’année ? Les parents de Joséphine veulent savoir l’origine de l’inondation et font des recherches. C’est une enquête amusante, légère où on parle d’enfants, de société et d’éducation.
Prochaine réunion le 16 février

Voici racontée la vie de trois couples mais avec un peu de décalage dans le temps. 1/ Clémence et son fils, 6 ans, vivent en secret et se promènent dans une forêt du Périgord. Elle s’est enfuie parce qu’elle était battue (2004). 2/ Fabien spéléologue à Lascaux veut découvrir une grotte. Il est là, pour les vacances, avec sa fille, étudiante en médecine (2024). 3/ Dans un village, un jeune paysan, Ghilhem, défiguré par une tâche de vin, a eu un coup de foudre pour Marion qui est mariée. Il veut lui révéler les secrets de la vallée. (1960). Et « quelque chose « cette année-là aura une répercussion inattendue sur les autres. Un jour le fils de Clémence disparaît, les gendarmes viennent. Est-ce un enlèvement ? La solution est inattendue. Livre intéressant de par l’histoire et la Nature omniprésente. Belle écriture.
L’auteur veut connaître sa filiation paternelle et bretonne. Sa biographie se déroule dès le début du XXème siècle sur quatre générations, depuis St.-Paul de Léon jusqu’à Paris. L’arrière-grand-père était un ouvrier paysan qui a œuvré pour créer des coopératives. Le grand-père a suivi des études supérieures à Paris et est devenu un grand mathématicien. Tous ont fait des études supérieures et ils habitent à Paris. Là il leur faut trouver les codes parisiens : s’habiller, s’exprimer, parler…, tout un travail d’adaptation ! L’auteur décrit aussi la vie politique, les mouvements sociaux, les événements de 68 et amène des réflexions sur la famille, la guerre, la politique, l’actualité du XXème siècle et également de l’amitié.
Tristan Rivière, fils d’un ouvrier militant communiste, vit dans une banlieue de Paris. Il aime la boxe et l’ambition de son père est d’en faire un héros. Il s’entraîne dans un club mais suite à une bagarre il en part. Il vit dans cette banlieue où se trouve un collège de cancres avec du chahut et des bagarres à coup de poing. Dans un train de banlieue une jeune fille, Marie, est bousculée et Tristan s’interpose et la fait sortir au premier arrêt. Et alors ? Elle devient l’amour de sa vie : mariage, deux enfant, garçon et fille. Le beau-père se présente aux élections municipales. Le voilà maire et les ennuis commencent, d’abord avec ses enfants, puis et surtout avec une conseillère – ancien amour de jeunesse- et sa femme le quitte. Ce rêve d’héroïsme est traité avec ironie. Le livre met en évidence les problèmes de couple et d’enfants.
Hatoko a hérité de sa mère une papeterie. Elle est bienveillante, elle reçoit les gens, les écoute, leur parle… Elle était écrivaine publique, alors elle décide de reprendre ses activités et d’écrire pour les autres. Elle choisit avec soin le papier, l’encre, la calligraphie ; à chacun un choix différent. Ex. : une jeune femme veut dire à sa belle-mère qu’il y avait un cheveu dans le dessert, ou, ce monsieur qui veut donner sa lettre de démission… Quand elle veut s’échapper, elle va dans un temple sous les camélias en fleurs. Très gourmande, elle se régale de la pâte de haricots. Et, quand elle trouve dans une boîte, les lettres d’amour de sa grand-mère qui lui demande de les brûler, elle les brûle. C’est un rituel. Récit très beau, très reposant, raconté avec lenteur.



C’est une histoire qui, au départ, paraît sans histoire, et pourtant…Cette jeune fille écrit des livres. À la signature d’un livre un beau jeune homme, émerveillé par elle, va tenter de la séduire et il réussit. Il lui fait promettre de ne jamais écrire un livre sur lui. Elle va vivre un morceau éblouissant de bonheur, il est amoureux, il est attentif, malgré parfois quelques petites notes négatives. Aune importance, même pas quand son avocat lui dit d’arrêter. Mais pourquoi puisqu’il la fortifie, il l’écoute. Et elle fait ce qu’il dit : ex : tu as un appartement, on le vend et on va acheter une villa sur la Côte d’Azur, et elle obéit. Toutefois, un jour un événement surgit est… lui est un pervers narcissique atteint du syndrome de Nark. La psychologue dit « à l’origine, il y a une enfance en solitaire. » Ce livre est intéressant par sa psychologie bien ciselée. Le lecteur est constamment dans l’illusion.
Nous sommes en 1939 dans le Tennesse. Des policiers enlèvent cinq enfants d’une péniche en l’absence des parents. La maman était allée à la maternité pour donner naissance à son sixième enfant. Ces enfants sont alors placés dans un orphelinat. L’ainé à 12 ans. Ils vont recevoir des coups, être mal nourris et même violés par un ouvrier. L’orphelinat se livre au trafic d’enfants, donnés, vendus (?) à des familles riches. Les enfants sont séparés (de 1929 à 1950 a effectivement eut lieu un trafic d’enfants). De nos jours, on suit une jeune avocate qui épaule son père pour des élections sénatoriales. Dans cette optique, elle visite une maison de retraite ; une photo l’intrigue. Elle rencontre une vieille dame qui dit « ce bracelet est le mien ». Dès lors elle va chercher à comprendre. Le livre est bien construit et relate une histoire vraie.
Roman d’anticipation où Venise va être ensevelie ! Dans la famille Malegatti, le père qui était fermier est devenu promoteur, vend des logements bon marché puis donne dans le tourisme, immeubles, hôtels. Après son mariage avec Maria Alba, il devient conseiller du maire de Venise et il est en charge du développement économique. Il accepte pour cela les visites de paquebots et l’érection de nouvelles constructions. Maria, elle, vient d’une vieille famille catholique. Leur fille, Léa, poursuit des études d’archéologie, elle aime cette ville, elle en est fière. En revanche, quand elle s’y promène, elle n’y voit plus que la décrépitude. Maîtresse d’un professeur d’écologie, elle devient, avec lui, militante acharnée pour la protection de la ville. Alors, quand son père se met en tête de construire sur une île du lido, elle se rebelle. Pour contrer la montée des eaux, 18 écluses ont été construites à grand frais mais, malgré tout… Le lecteur suit cette fable avec grand plaisir d’autant plus que chacun connaît les problèmes de Venise et les quelques plans qui sont dressés pour sa sauvegarde.
Il était noir, il a beaucoup voyagé et il avait 30 ans. Il avait fait une descente du Mississipi en canot. Maintenant il a 60 ans et il veut descendre le fleuve jusqu’à la mer. Il observe, il voit, et il comprend que ce n’est plus pareil. Il sera parfois content, parfois déçu. Il comprend la force de l’Amérique et sa facilité à tout absorber. Par exemple il rencontre un groupe de jeunes Noirs sur le fleuve alors qu’en 1936 les Noirs étaient interdits sur le fleuve. Dans une ville il y avait deux églises, une pour les Noirs, une pour les Blancs. Mais il n’y a pas assez d’argent pour entretenir les deux, alors on met tout en commun : une seule église pour les deux communautés. Il ne reconnaît plus Memphis, tout est changé. Il fait ainsi de nouvelles découvertes et prend conscience de ce que les mentalités ont beaucoup évolué. On suit cette escapade avec le voyageur.
Pendant la guerre de 39-45 en Allemagne, nous rencontrons une jeune femme qui fend du bois puis va dans la grange retrouver un Français. De nos jours maintenant, c’est l’enterrement du grand-père du protagoniste de l’ouvrage qui rencontre un cousin et celui-ci se confie. L’homme comprend alors qu’il y a quelque chose d’étrange, d’un peu mystérieux dans la vie du grand-père. Il va alors partir en quête de la vérité et dévoiler ce mystère. Interrogée, la grand-mère non seulement refuse de répondre mais lui interdit la poursuite de ses recherches. Il va néanmoins persister, il veut connaître sa famille. Il retrouve la trace d’un enfant qui, à 11 ans, est venu en taxi faire la connaissance de son père, lequel a refusé de le voir. Très beau livre, très émouvant. PS : Pendant la guerre, environ 300 000 enfants sont nés de père français et de mère allemande, ou l’inverse.
C’est le Moyen-Âge avec ses seigneurs tout puissants et ses pauvres paysans qui peinent pour survivre. Dans ce tout petit village des Montées vivent deux jumelles, Aélis et Ambre, et la vieille Rose, un peu guérisseuse. Aélis, mariée à Eugène, a trois fils. Ambre, mariée à Léon le sabotier qui boit un peu trop, n’a pas d’enfants. Alors, quand arrive cette petite sauvageonne de Madelaine, ce sera un grand bonheur pour Ambre. Madelaine ne s’en laisse pas conter, elle cherche partout à magner, elle sait se servir d’une hache et lorsqu’elle débusque un chevreuil, elle le tue. Mais c’est interdit par le seigneur ! Tant pis, on l’emporte et on le mange. Madelaine grandit et quand Léon essaie de la toucher, elle le blesse. Deux hivers terribles vont subvenir et l’auteur va nous montrer comment Madelaine va se comporter avec le seigneur et surtout avec son fils un peu coureur, un peu fou, et bouleverser la vie du village. Roman qui pourrait paraître dur au vu de la vie des paysans soumis à un maître mais la présence et l’action de Madelaine nous mettent du baume au cœur.
Ada et Alexandre vivent en couple. Ada a déjà un fils, Nicolas, et Alexandre voudrait bien avoir un enfant. Il s’y emploie, puis, tandis que Sandra, la voisine, prend en charge Nicolas, Ada se rend à la clinique. Hélas, l’accouchement se passe mal et elle meurt. (Ah, je me disais bien aussi que le drame couvait comme dans tout bon bouquin des ADL). Alexandre décide de s’occuper seul des deux enfants, aidé de Sandra qui a établit une relation forte avec Nicolas. Grâce à Internet, Alexandre se trouve une jeune femme, Blanche, et elle lui plaît. Mais elle ne veut pas de sexe ; elle veut un enfant sans avoir de relation sexuelle et envisage de faire appel à une mère porteuse. (Pourtant, faire un enfant sans l’intervention d’un homme est une méthode éprouvée, réalisée il y a déjà plus de 2000 ans dans le passé. On en parle encore !). L’auteur pose ici le problème de la société en général, de la parentalité et de la création de la vie. Le film « l’attachement » a été inspiré de ce livre.
Le roman est partagé en trois partie. 1 / Vie de famille. Alexis a 50 ans, il est séparé de sa femme Marie et ils ont une fille, Clara, 17 ans. Cette dernière doit aller à un concert avec son père mais, comme il a un empêchement, elle y va avec le père d’une mie. Accident, Clara est blessée. Alexis et Marie vont prendre soin d’elle, oublier un peu leurs griefs et se rapprocher mutuellement. 2 / Réveil de Clara. Elle est étrange, a des lubies (par exemple, aller au cimetière), et elle semble développer un don de voyance. Alexis s’inscrit à un atelier d’écriture dirigé par l’auteur d’un seul et unique livre. A Noël, Clara reçoit ce livre. Pourquoi ? 3/ Explication de Clara. Cet auteur a écrit un deuxième livre mais rejeté par les éditeurs car en concurrence avec Marguerite Duras. Poussé par Clara, il va écrire l’histoire de la statue située à Rome : l’Ange du chagrin. Les personnages sont touchants et le livre dégage beaucoup d’émotion.
Une jeune bibliothécaire veut créer un club de lecture au sein de la bibliothèque de son quartier. Vont s’y retrouver, Colette, 75 ans, qui se sent très seule (son mari l’a quitté à 70 ans), Lucie l’étudiante mal dans sa peau, Sacha le trentenaire qui était là par hasard, les deux collègues qui se chamaillent toujours et Madame Germaine qui dort la plupart du temps. Une lecture, un commentaire de lecture ? Que nenni ! Au cours de ces rencontres « littéraires » va se forger une réelle amitié avec Sacha, Colette et Lucie. Ils vont s’aider mutuellement et lorsqu’ils partiront chacun de leur côté, ils sauront repartir avec espoir et voir la vie autrement. Un livre tout simple mais apaisant.